Almanach
Mois d'août

   

Coupe d'appoint

Attention aux arbres en sève !
En principe, les forestiers évitent d'abattre les arbres l'été puisqu'ils sont "en sève". Cela n'est pas favorable au séchage et rend le bois plus sensible aux maladies. Néanmoins, des scieries veulent tout de même acheter du bois pour répondre à la demande et réduire leurs coûts de stockage. Les forestiers pratiquent donc parfois des coupes d'appoint en plein été. Ils doivent alors veiller particulièrement à ne pas blesser les arbres se trouvant aux alentours : imbibée de sève, l'écorce adhère mal au bois et peut à tout moment être arrachée.

 

Les hérissons

Pas piquants les petits :
La plupart des hérissons naissent en été. Mis au monde par portée de quatre ou cinq, ils sont aveugles et tout roses à la naissance. Pas un piquant en vue ! Anomalie ? Pas du tout : pour éviter de blesser leur maman au moment de l'accouchement, leurs piquants sont recouverts de peau et cachés sous des sortes de pustules.
Les premiers piquants, une centaine au total, vont bientôt apparaître, blancs comme neige. Les suivants, de couleur brune, s'intercaleront progressivement jusqu'à recouvrir complètement les premiers. Après quinze jours, les bébés hérissons n'ont pratiquement plus un piquant blanc. Encore allaités par leur mère, ils quitteront le nid à trois ou quatre semaines pour suivre maman en balade, un spectacle garanti 100% craquant !

 


Le tilleul

Secrets de grands-mères :
Un parfum de miel embaume l'air ... les tilleuls des bois fleurissent. D'une tendre couleur vert clair, les fleurs sont regroupées en petits bouquets et munies d'une bractée assortie. Très prisées des abeilles, elles possèdent des vertus anti-inflammatoires, sudorifiques et diurétiques connues depuis des siècles. L'infusion de fleurs de tilleul se révèle efficace contre l'insomnie, les digestions difficiles et le refroidissements.
Voilà pourquoi les grands-mères en font des réserves.

 

 

Les merises

Quand il reviendra le temps des merises ...
A la lisière des bois et dans les forêts de feuillus, les merisiers se couvrent de fruits rouge clair ou noirs, juteux, très sucrés. Quel bonheur que celui de grappiller ces cerises sauvages ! Petites mais charnues, elles sont si savoureuses que nombre de leurs cousines "domestiques" paraissent presque fades à côté ... En ce début d'été, certains forestiers récoltent les merises des plus beaux sujets afin d'améliorer l'espèce. Manière alléchante de préparer la forêt du futur. Ca ne vous donne pas envie d'en planter un ?

 


Les pleurotes

Les jolies colonies d'abondance :
Dans les bois de feuillus, les pleurotes cornes d'abondance poussent en colonie le long des troncs ou des souches d'arbres morts. Ils affectionnent les ormes, les chênes et les hêtres. Convexe, leur chapeau forme un entonnoir en vieillissant ... Les pieds sont soudés les uns aux autres. Certains, poussent droit, d'autres font des grâces, mais tous sont couverts de lamelles lâches, d'un blanc crémeux, allant des bords du chapeau au pied. Mieux vaut les ramasser jeunes, car la chair devient caoutchouteuse et fibreuse avec l'âge. D'une saveur douce et anisée, le pleurote accompagne fort bien viandes et poissons.

 

Les papillons

Au bal des coloriés :
Dans les forêts claires et sur les lisères, s'ouvre le grand bal des papillons, le demi-deuil (photo) déploie son échiquier d'ailes pour voleter, lentement, de scabieuse en graminée. Elégant dans son costume brun tacheté de rouge, le grand nègre hongrois préfère les bois de feuillus de moyenne montagne. Pour voir le grand mars changeant, qui virevolte autour de la couronne des arbres, prenez rendez-vous le matin sur un chemin forestier. Quant aux petites tortues, aux ailes orangées bordées de points bleus, ils dansent sur les ronciers.

 


Les bruyères et autres callunes

Tapis roses :
Bruyères cendrées et callunes déroulent leurs tapis roses à l'orée des bois. Recherchant la lumière, elles poussent en touffes serrées, à la faveur des clairières ou des coupes forestières. Elles aiment toutes deux les sols secs, acides et appauvris.
Les distinguer l'une de l'autre demande un peu d'entrainement : la bruyère cendrée a des fleurs pourpres en forme de petits grelots et des aiguilles verticillées alors que la callune porte des grappes de fleurs pourpre et des minuscules feuilles dentelées. A vous de jouer !

 

Le procuste chagriné

Un peu fainéant, mais quel talent !
Juste sorti de sa période d'estivation, le procuste chagriné reprend sa vie tranquille, bien au frais dans sa forêt humide. Pas question pour autant de voler : monsieur chasse désormais au sol. Grand coléoptère nocturne et indolent, voire un peu fainéant, le procuste chagriné s'active souvent après la pluie : c'est à ce moment-là que les mollusques - son mets favori - sortent. Pour chasser, il crache sur sa proie pour la couvrir de sucs digestifs. Il faut avoir l'oeil ...