Almanach
Mois d'avril

   
Le Cigarier du peuplier

Tu m'en roules une ?
Parmi les cinq cents espèces inféodées au peuplier, les cigariers sont sans doute l'une des mieux organisées. Dès la mi-avril, ces petits coléoptères aux reflets vert métallique vont, en couple, aménager les berceaux de leur future progéniture.
Ayant jeté leur dévolu sur quelques feuilles, les voici qui se mettent à piquer les pédoncules pour interrompre le flux de la sève et affaiblir les feuilles.. Leur forfait accompli, monsieur et madame cigariers se posent sur le bord de chaque feuille et la roulent comme un tapis, jusqu'à obtenir ... un petit cigare.
Il pendouillera au bout du rameau sur lequel la feuille est attachée. C'est là, dans ces abris douillets, que madame pondra ses oeufs. Chaque larve aura le sien, histoire de s'y développer en toute quiétude. Un bon moyen d'éviter les chamailleries, n'est-il pas ?

 

L'Argus vert
 

Pas commode
Dès la mi-avril, l'argus vert déploie une paire d'ailes très "couture" - dessous vert, dessus rouille - et volette de place en place, à toute allure. Hôte des lisières, des pinèdes et des bois clairs, le bougre n'est pas du genre commode : dès qu'il aperçoit un insecte sur son territoire, il le chasse, sans autre forme de procès. On pourra arguer qu'il a besoin de place pour déposer ses oeufs, pondus isolément sur les genêts, les ronces et les framboisiers. Mais l'excuse est-elle recevable ?

 
La mésange huppée


Un couple solidaire :
Après avoir paradé tout son soûl pour conquérir sa compagne, monsieur mésange huppée se transforme en époux attentionné.
Pendant que madame couve, il va chercher de quoi manger. Laissant sa belle confortablement installée sur un nid de mousse tapissée de poils, dans le secret d'une cavité ou d'une souche de conifère, il part en quête d'insectes et d'araignées pour le déjeuner.
Le manège dure deux semaines, jusqu'à la naissance des oisillons.

 

 
Le mélèze


Une floraison bonne pour le moral :
Seuls résineux à perdre leurs aiguilles en hiver, les mélèzes commencent à se couvrir d'un doux feuillage vert tendre et d'une étonnante floraison bicolore.
Reconnaissables à leur forme de cônes verdâtre, les fleurs mâles, groupées en chatons ronds, pendent.
Elles vont bientôt libérer le pollen qui fécondera les fleurs femelles, dressées et solitaires. De couleur pourpre, ces dernières ont, semble-t-il, le pouvoir de redonner le moral à ceux qui broient du noir.

 
Le genêt
 
 

L'or des lisières et des landes :
Il exhale un parfum de miel ... Aubaine des abeilles et autres butineurs précoces, le genêt à balai est un arbuste à tiges souples, qui illumine les lisières des forêts, les taillis et les sous-bois clairs de ses fleurs en forme de papillons d'or. Vers la fin mai, ne resteront que les fruits, gousses plates, noires et velues, qui contiennent des graines toxiques. Les rameaux des genêts servaient autrefois à fabriquer des balais - d'où son nom. Les bergers racontent qu'en Auvergne, les moutons ayant brouté des genêts résistaient aux morsures de vipères. Vérification faite, il se trouve que les rameaux contiennent de la spartéine, un alcaloïde connu pour ses propriétés tonicardiaques et antivenimeuses. Malins les moutons !

 
Les arbres fruitiers  

 

Aux petits soins :
Les pruniers fleurissent. Bientôt exploseront les cerisiers, poiriers et pommiers. C'est le moment de protéger les arbres les plus jeunes et les plus fragiles avec des manchons, des grillages ou des tubes-serres.
Certains mammifères se sont déjà régalés des écorces tendres et des pousses nouvelles. Dans les vergers, les arboriculteurs binent le sol pour stimuler le démarrage printanier.

 

 
La morille

Délice de printemps :
Qu'elle vive solitaire ou en petite colonie dispersée, la morille est une printanière qui aime la compagnie des frênes et des lilas. On la trouve aussi dans les forêts humides, près des vieux pommiers et sous les résineux, notamment les pins sylvestres. Avec son chapeau brun creusé de profondes alvéoles, impossible - ou presque - de la confondre avec un autre champignon. Délicieuse en omelette, en consommé ou en ragoût, elle fait le délice des gourmets.
Mais ATTENTION à ne jamais la manger CRUE : elle est toxique !!!

 
 
L'hirondelle

L'hirondelle aux champs, amène joie et printemps :
Ce proverbe illustre la portée allégorique du retour de ce petit oiseau. Les hirondelles, qui ont migré en octobre vers des températures africaines plus clémentes, reviennent d'hivernage dès les premiers beaux jours pour nicher et se reproduire en Europe. Elles peuvent parcourir plus de 10 000 km en tout pour retrouver le lieu précis où elles nichaient l'année précédente. Hirondelles rustiques, de fenêtre ou de rivage, de rochers, ou rousselines, cinq espèces nichent sous nos latitudes. Fin mars, début avril, l’ensemble des hirondelles aura regagné les campagnes belges.