Almanach
Mois de juin et juillet

   


Le grand capricorne

La plaie des chênaies :
Le soir tombe ... Un étrange insecte part d'un vol lent et sonore vers un grand chêne isolé. Corps incliné à 45°, élytres relevées en V, ses immenses antennes largement déployées, le grand capricorne (6cm de long s'il vous plait !) s'élance dans les airs, fantomatique. inféodé aux chênes, ce longicorne n'est malheureusement pas tendre avec son hôte. Contrairement aux autres membres de son espèce, il attaque le bois vivant, occasionnant à l'arbre de sérieux dégâts. Il est notamment capable de creuser des galeries de deux centimètres de diamètre sur un mètre de long !
Et pour ne rien arranger, la femelle a l'habitude de pondre ses oeufs dans l'écorce du chêne sur laquelle elle est née. Autant dire que certains arbres, au bout de quelques années, ressemblent à de véritables meules d'emmental.

 
Les Abeilles


En route pour la forêt :
Les apiculteurs professionnels font souvent transhumer leurs ruches au gré des floraisons. En juin, après la fauche des prairies, certains les installent en forêt. Acacias, châtaigniers, sapins, tilleuls, ronces, framboisiers : le choix des essences dépend du goût recherché. Le miel dit de forêt, est un cocktail de butinages, pratiqués indifféremment sur des fleurs, des arbustes et des arbres mellifères. Son goût varie donc d'une forêt à l'autre.

 

 

Le grimpereau des bois

L'oiseau varappeur :
Avec son plumage couleur d'écorce, le grimpereau des bois dispose du camouflage idéal pour pratiquer son activité favorite : l'escalade des troncs d'arbres. Prenant appui sur sa queue, il sautille et s'accroche avec ses griffes pour percer l'écorce et dénicher de quoi nourrir sa famille. Une fois à la cime, il s'envole et entame une nouvelle ascension. En juin, dans les forêts de feuillus, ses petits apprennent juste à voler.

 

L'écaille-martre

Ruse de papillon :
Noctambule, l'écaille-martre cache bien son jeu. Sous son manteau d'ailes antérieures brun foncé entrecoupé de blanc, il dissimule un étonnant habit rouge à points bleu noir. fin juin, l'élégant papillon prend son envol au crépuscule et durant la nuit. Le jour, on peut le voir se déplacer autour des chemins forestiers à la recherche de la valériane qui affectionne particulièrement ou paresser sur l'écorce des arbres. Là, il passe totalement inaperçu, sauf en cas de danger : il déploie alors ses ailes postérieures - les rouges - pour impressionner l'importun. Et ça marche !

 


Le Monotrope sucepin

La fleur champignon :
Avec sa tige jaunâtre, d'aspect cireux, et ses petites feuilles écailles, le monotrope sucepin ressemble peu à une fleur. D'autant qu'il ne contient pas de chlorophylle.
Pourtant, pas de doute : c'est est une. Dès le mois de juin, les bourdons pollinisent les clochettes de cette plante étrange qui pousse surtout dans les forêts sombres de conifères. Pour de nourrir, le monotrope puise ses aliments dans les déchets organiques en décomposition dans le sol. A la manière des champignons ...

 
L'orpin reprise

Rustique guérisseur :
Même si cette plante est rare à l'état sauvage en Belgique, elle mérite qu'on s'y intéresse un peu.
Fièrement dressé, l'orpin reprise lance ses panicules roses ou jaunes à l'assaut du ciel. Plutôt du genre spartiate, cette crassulacée colonise les terrains pauvres, les lisières des bois, les rocailles et même les fissures de rochers. Le secret de sa résistance est enfoui dans ses  feuilles : dentées, épaisses et charnues, ce sont de véritables réservoirs d'eau qui permettent à la plante de survivre en zone critique. Les fleurs très mellifères, attirent les butineurs dès le début de l'été. Couramment utilisé au Moyen Âge, l'orpin reprise a longtemps été apprécié pour ses vertus cicatrisantes : il soignait aussi bien les brûlures que les coupures. D'où ses multiples noms comme "herbe à coupure" ou "herbe aux charpentiers !"

 


Travaux forestiers

Des attentions de pères !
Soucieux de ne pas déranger les oiseaux pendant la nidification, les forestiers limitaient leurs travaux depuis avril. 200 à 300 mètres autour des nids d'espèces rares, comme celui de la cigogne noire* ou du grand tétras, il les avaient même suspendus. Maintenant que les petits ont grandi, les opérations peuvent reprendre. Mais toujours attentionnés, les forestiers veillent toutefois à conserver des essences rares ou fruitières, des tas de branches, des souches et des arbres creux qui serviront à coup sûr d'abris aux oiseaux.

* La cigogne noire est, depuis quelques années,  de retour en Belgique.