Almanach
Mois de mai

   
Les escargots

Le Kama Sutra du gastéropode :
Deux escargots passionnément unis dans un interminable baiser... Tel est le torride spectacle auquel on peut assister dans les bois après la pluie. Hermaphrodites, les escargots n'en ont pas moins besoin d'un partenaire pour échanger leur semence. Le problème, c'est que l'appareil génital de ces gastéropodes se situe à l'arrière de la tête, sur le côté droit. D'où ce tête-à-tête très particulier : collés l'un à l'autre, les deux escargots s'enlacent et se pénètrent l'un l'autre, juste au dessous des cornes. Acrobatique et périlleux, cet accouplement est sans cesse menacé par le poids de la coquille qui peut entraîner les amoureux en arrière, et donc les séparer. On a pu observer des escargots s'étreindre ainsi dix heures durant, dans l'herbe humide, sans montrer la moindre lassitude. Quelle santé !
 

 
Les orchidées

 

L'orchis de mai :
Il n'y a pas que sous les tropiques que l'on trouve les orchidées, de nombreuses espèces poussent chez nous aussi. Cette orchidée se caractérise par une tige robuste et des feuilles larges tachées de pourpre, d’aspect assez trapu. Ses fleurs sont pourpres à gorge blanche. Elle pousse dans les zones humides et principalement au mois de mai, d’où son nom. Les fleurs possèdent un éperon orienté vers le bas, des sépales externes dressés, un labelle trilobé et replié.
Comme la plupart des plantes rares, elle est protégée.


 
 

Le robinier faux acacia


Des fleurs tout miel :
De longues et gracieuses grappes de fleurs odorantes pendent aux branches des robiniers faux acacias.
Très mellifères, ces fleurs régalent les gourmets : les gastronomes les transforment en délicats beignets, les abeilles en miel. Ce miel, foncé et coulant, prisé en cuisine, est utilisé par les industries pharmaceutique et cosmétique pour ses vertus cicatrisantes, émollientes, bactéricides et hydratantes.
La gourmandise est-elle un si vilain défaut ?

 
Le faon  


Avis de naissance :
La chevrette cherche un coin tranquille pour mettre bas. Elle attend deux faons, plus rarement trois. Elle lèche longuement ses petits juste nés pour les réchauffer. Deux heures plus tard, Ils font maladroitement leurs premiers pas. Leur quinze premiers jours de vie, ils resteront tapis dans les herbes hautes, immobiles et inodores, pour ne pas se faire repérer par quelque prédateurs. Leur mère n'est jamais loin. Alors si vous voyez un Faon, gardez vos distances et ne le touchez surtout pas.

 
Le muguet


Tout un symbole :
Le 1er mai, la coutume veut que l'on s'offre un brin de muguet. Mais pourquoi au juste ? Pour porter bonheur ? Pour fêter le labeur ? Un peu des deux ... Historiquement parlant, C'est le roi Charles IX qui, le 1er mai 1561, a institué la tradition, destinée à porter bonheur aux dames de la cour.
Trois cents plus tard, en 1889, les socialistes de la IIème Internationale, font du 1er mai un jour de lutte. Objectif : obtenir la journée de travail de huit heures. Le brin de muguet ne lui sera associé qu'en 1907.

 

Le vulcain

Retour d'Afrique :
Reconnaissable à ses ailes d'un beau noir profond, barré de rouge et tacheté de blanc, le vulcain revient de sa migration africaine. Il recherche les bois clairs et les milieux arborés, ne dédaignant pas les jardins et terrains vagues où poussent d'appétissants buddleias.
Au moment de la ponte, la préférence de la femelle va aux orties sur lesquelles desquelles elle dépose délicatement ses oeufs, un par un. C'est là que les chenilles, à leur naissance, vont se construire un cocon en fil de soie et s'enrouler en repliant la feuille sur elles-mêmes.

 
Le loriot


Trahi par son chant :
Le loriot est comme un rayon de soleil camouflé dans les feuillages. Vêtu d'une livrée jaune d'or, ailes et queue noires, monsieur a l'élégance discrète : il préfère voir qu'être vu. Revenu de sa migration africaine pour nidifier, le couple recherche la chaleur et la proximité de l'eau.
Il s'installe donc dans les forêts alluviales, les peupleraies, les vergers et les parcs.
Son nid-hamac est généralement suspendu aux branches supérieures d'un arbre. Farouche, le loriot n'évolue guère plus bas. Impossible - ou presque - de l'observer. Le mâle trahit cependant sa présence par son chant mélodieux, facilement identifiable. Compère loriot lance des "didilio", flûtés et sonores, qui enchantent les oreilles des promeneurs et des pêcheurs.
Si vous êtes doué pour l'imitation, sachez qu'il se laisse facilement duper.

 
 
L'arbre de mai

Qui est le plus beau ?
Héritée des Celtes, la tradition de planter un arbre au mois de mai perdure dans certaines régions d'Europe. Emblème de la vie, l'arbre de Mai est censé apporter force et vitalité aux habitants des lieux. En Bavière, la coutume, très vivace, est parfois source de compétition entre les communautés : c'est à qui se dotera du plus grand et du plus bel arbre. Ecorcé, peint, décoré de figurines, de rubans, voire d'une couronne de sapin, l'arbre de Mai est dressé par les hommes sur la place du village. Un tour de force, dignement récompensé à grand renfort de bière, bretzels et saucisses.

Planter un arbre nous réapprend aussi le rythme de la nature : celui des saisons avec la floraison, les couleurs d’automne, la chute de ses feuilles ; celui des années car il prend son temps pour s’établir, ses racines croissant sous terre presque autant que ses branches dans l’air.