Almanach
Mois de septembre

Le C-Album ou Robert-le-diable

Diablement vorace :
Virevoltant dans les clairières où à la lisière des bois clairs, Robert-le-diable a la délicatesse d'un soudard.
Comme tous les papillons, il se délecte du nectar des fleurs ... sans vraiment s'en tenir là. L'automne venu, il se rue sur les fruits pourris tombés à terre et se gorge à pleine trompe de leur jus fermenté. Notre flamboyant ami, reconnaissable à ses ailes très découpées et au petit "C" blanc brodé sur le revers de l'aile (d'où son nom scientifique de c-album) ne dédaigne pas non plus butiner quelque cadavre décomposé à point ou, plus simplement de bons vieux excréments d'animaux : quand l'hiver approche, on fait ses provisions comme on peut, où on peut ... Car bientôt, cet élégant papillon se posera pour hiberner en paix, il repliera ses ailes, simulant la feuille morte à merveille.

   

Economie

Une p'tite coupe :
Près de la moitié de la forêt  est publique, l'autre privée. 2% des propriétaires se partagent la moitié, à savoir un quart de la forêt wallonne, encore la loi du plus fort sans doute. Ce sont les agents de la DNF qui choisissent les arbres qui doivent être abattus, ensuite seront mises en vente des coupes de bois, choisies en fonction des besoins d'entretien de la forêt. Les ventes d'automne sont les plus importantes car les feuillus sont exploités après la chute des feuilles. Vendus sur pied, les arbres destinés à être abattus sont marqués et groupés dans un lot inscrit au catalogue de vente des bois. Ces lots sont ensuite commercialisés par le biais d'enchères publiques mais réservées aux professionnels. Certaines coupes sur pied destinées au bois de chauffage peuvent cependant être vendues par le forestier local ou par les communes aux particuliers.

 


Le pommier sauvage

Fruit défendu :
Hôte des forêts de feuilles claires et des pentes buissonneuses, le pommier sauvage se couvre de petits fruits verdâtres.
Mieux vaut avoir quelques connaissances avant de cueillir les fruits de cet arbre là ... Apres et amères comme chicotin, les pommes sauvages sont tout simplement immangeables. Mieux vaut les laisser à la gourmandise peu regardante des oiseaux et des sangliers, qui trouveront là de quoi se régaler durant les rudes mois d'hiver.

 


Le chêne

Coup de foudre :
Il y a de plus en plus de vignobles en Wallonie et j'ose à parier que le réchauffement de la planète sera au moins bénéfique pour eux. C'est le mois des vendanges ...
La vinification va commencer. Souvent remisé au profit des cuves en inox depuis quelques temps, le fût de chêne fait son come-back. De plus en plus nombreux sont les vignerons qui reviennent au foudre traditionnel pour faire fermenter ou vieillir leurs vins. Par ses qualités naturelles, le fût de chêne permet en effet au précieux breuvage de respirer, de s'oxygéner, tout en concentrant ses arômes et en se protégeant des bactéries. Même les producteurs de champagne s'y sont mis, c'est dire !

 

Le brame du cerf

Attention les biches :
Au début de l’automne, à partir du 15 septembre, des cris rauques et profonds retentissent dans la forêt. Le brame est le mot qui désigne à la fois le cri du cerf et la période du rut.
Les deux phénomènes sont très liés.
Le brame se déclenche chez le mâle en présence des femelles et à cause d’une poussée de testostérone (hormone sexuelle).

Au moment où il pousse son long cri guttural, le cerf allonge le cou, retrousse lèvres et narines, ses yeux chavirent, c’est l’extase !

 


Les noisettes

Concurrencez les écureuils :
Laiteuses en août, les noisettes sont désormais comestibles. Et les écureuils n'auront pas l'exclusivité ! Depuis le néolithique, nous les apprécions non seulement pour leur goût mais aussi pour leur valeur nutritive, nettement supérieure à celle de la noix ! Riches en potassium, phosphore, magnésium et autres minéraux indispensables au bon fonctionnement de l'organisme, les noisettes sont pleines de vitamines, dont certaines apparaissent avec la dessiccation. Alors, sortez vos paniers !

 


Le cèpe de Bordeaux

Le roi des champignons :
Le cèpe de Bordeaux est l'une des plus belles inventions "champignonesques" de dame Nature. Il se rencontre dans toutes les forêts, avec une préférence pour les chênaies ou les châtaigneraies en plaine, et les forêts d'épicéas en montagne.
Tout jeune, le farceur, prend des allures de bouchon de champagne : ventru, son pied porte un chapeau bien trop petit pour lui. En grandissant, le pied s'affine et le chapeau peut devenir sombrero puisqu'il atteint parfois les 15 à 20 centimètres de diamètre !
Blond ou brun, avec quelques jolis reflets roux, le chapeau dissimule une chair tendre, fine et blanche, incroyablement savoureuse. Utilisé frais ou sec, son goût est si puissant qu'il transforme la moindre omelette en grand moment gastronomique.

 
 

 
Le swarming

Encore un mot anglais pour qualifier les rassemblements de chauves-souris au moment de la période d'accouplement, les mâles et les femelles se regroupent chaque année au même endroit en septembre/octobre.  La sex-ratio est toujours en faveur des mâles et l'on relie cela au fait que les femelles ont moins la nécessité de venir s'accoupler (leur patrimoine génétique est acquis) alors que les mâles doivent multiplier les accouplements pour espérer voir les spermatozoïdes choisis après leur léthargie dans l'utérus (car les chauves-souris font une ovulation différée, au printemps, et pioche dans les spermatozoïdes stockés).


Elles vont aussi se constituer une réserve de graisse pour affronter les longs mois d'hibernation.

 

 
 


La migration des papillons.

Les papillons comme tous les espèces doivent survivre aux hivers rigoureux de nos régions, de nombreux lépidoptères peuvent hiberner chez nous sous n'importe quelle forme (oeuf, chenille, chrysalide ou adulte), ils ont dans leur corps un liquide qui les empêche de geler. Toutefois ils doivent quand même trouver un endroit abrité comme les greniers, caves, trou dans un mur etc...

Mais quelques espèces de papillons de chez nous ne peuvent pas survivre aux rigueurs de l’hiver et doivent comme beaucoup d'oiseaux migrer vers des contrées plus clémentes (Afrique du nord) où ils pourront trouver leurs plantes hôtes, le Souci (Colias croceus), la Belle-Dame (Vanessa cardui), le Vulcain (Vanessa atalanta) et quelques piérides pour les plus connus.
Quelques papillons de nuit comme le Moro sphinx (Macroglossum stellatarum), le Sphinx du liseron (Agrius convolvuli), le Sphinx tête de mort (Acherontia atropos) et le Sphinx livournien (Hyles livornica) partent aussi vers des régions plus clémentes.

Il est rare que les papillons qui ont migrés fassent le voyage retour, ce sont leurs descendants qui reviennent chez nous au printemps.