Le gui

En hiver, après la chute des feuilles, il devient facilement repérable dans les arbres.

Le gui est un sous-arbrisseau prenant, après quelques années, l'apparence d'une grosse boule vert jaunâtre de 50 cm à un mètre de diamètre.  Certaines branches peuvent atteindre 60 cm de hauteur.

Le gui est une plante hémiparasite, c'est-à-dire qu'il n'est pas totalement dépendant de son hôte. Il utilise les ressources de la plante hôte en lui soutirant eau et sels minéraux, mais il possède de la chlorophylle et peut fabriquer ses propres sucres.

Plus d'une centaine d'espèces d'arbres sont susceptibles d'être parasitées. Parmi les feuillus, les arbres les plus fréquemment atteints sont les pommiers, les peupliers (surtout le peuplier noir) et les trembles, les aubépines, les saules, les robiniers et les tilleuls. On le trouve également souvent sur les poiriers, les noisetiers et les cerisiers, et plus rarement sur les noyers, et les frênes. On ne le trouve jamais sur les hêtres et les platanes. Sa présence sur les ormes et les chênes est très rare, d'où l'importance que les druides accordaient au gui récolté sur les chênes. Des formes particulières parasitent aussi les sapins et les pins, et occasionnellement les épicéas. Le gui peut aussi, accidentellement parasiter une autre touffe de gui.

Sa dispersion est essentiellement assurée par les oiseaux, et en particulier les grives (notamment la grive draine, Turdus viscivorus) et les merles qui raffolent des fruits du gui et rejettent les graines non digérées dans leurs fientes, parfois à plusieurs kilomètres compte tenu du temps de la digestion. Notons que les mésanges et les fauvettes qui décortiquent les baies sur place assurent une dissémination beaucoup plus limitée. De la graine collée à l'arbre [glue (viscine) de la pulpe du fruit] ou sur tout autre substrat émerge alors une ou deux excroissances vertes (hypocotyles) - rarement trois -, correspondant chacune à un embryon. L'hypocotyle se développe et se dirige vers le substrat. Se forme alors à son extrémité un renflement sous lequel apparaît un « disque de fixation » permettant l'adhérence au substrat. Durant l'été et l'automne l'embryon reste à l'état d'épiphyte, c'est à dire qu'il est autonome (fonction chlorophylienne), mais sous chaque disque de fixation, il développe un « coin » - en utilisant les réserves des cotylédons de la graine -, qui pénètre l'écorce de l'arbre-hôte (pour les graines « tombées » dans cette situation) jusqu'aux vaisseaux transportant la sève ; c'est la transformation l'hypocotyle en « suçoir ». Au printemps suivant, de la graine intiale, il ne reste plus qu'une petite tige, correspondant au suçoir suivant, vont alors émerger deux petites feuilles constituant le premier stade d'une nouvelle touffe.