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La Chouette de Tengmalm
Aegolius funereus funereus

 

Ou nyctale de Tengmalm, toutes les espèces du genre Aegolius se nomment des nyctales.

Description
C'est une petite chouette difficile à observer, haute d'environ 25 cm à l'aspect voisin de la chouette chevêche. C'est peut être le moins connu de tous les strigidés. Les adultes sont semblables. Tête large, disque facial gris-blanc distinctement bordé de noirâtre, petites arches pâles au-dessus des yeux donnant à l'oiseau un air "étonné". Yeux jaune doré. Dessus brun chocolat sombre, perlé de petites taches blanches. Dessous clair tacheté de brun-gris. Elle se distingue aussi par son bec couleur ivoire et l'expression de son « visage » jugée très sévère ce qui n'est visible que si l'oiseau est bien alerte avec ses deux disques faciaux largement déployés.

Poids et Mesures, taille : 25 cm 
Envergure : 54-62 cm
Poids : mâle 80-125 gr, femelle 120-200 gr.

Habitat
Elle habite surtout les forêts de conifères et niche très souvent dans les trous de Pic noir et suit ce dernier dans son mouvement d'expansion vers le sud-ouest de l'Europe (elle aurait été observée dans les Pyrénées). En Ardenne, son habitat est constitué par la conjonction de vastes pessières âgées et feuillus sont souvent enclavés ou en bordure de plantations d'épicéas ; ils offrent à la chouette, qui ne trouve pas de cavités naturelles en conifères, la plupart des sites naturels de nidification (loges de Pic noir et autres cavités). Cette chouette occupe des massifs à partir de 450 m d'altitude en Ardenne liégeoise et dans le nord de la province de Luxembourg ; à partir de 300 m dans le sud de l'Entre-Sambre-et-Meuse.
Lorsque les populations de petits rongeurs vivant dans ses aires de nidification forestières s'affaissent, la Nyctale de Tengmalm effectue un mouvement migratoire vers le sud, espérant trouver des sources de nourriture plus abondantes. En fait, cet animal aux mœurs nocturnes et forestières doit se fondre probablement au cœur de la forêt, de sorte que sa présence reste ignorée. En fait, les ornithologues des régions plus déboisées ont parfois la chance de la trouver, en plein jour, dormant dans quelque conifères isolés. Quoiqu'il en soit, son habitat favori reste la forêt coniférienne, de plaine ou de montagne, incluant les secteurs de forêt mixte. Elle occupe donc, en petit nombre, les forêts et les Monts.
Elle se nourrit surtout de micromammifères. Dans nos régions, le Mulot sylvestre, le Campagnol agreste et le Campagnol roussâtre composent la majeure partie de son régime alimentaire. Elle consomme à l'occasion d'autres rongeurs, comme le Mulot à collier, les Musaraignes et parfois le Muscardin. Les années où les populations de petits rongeurs sont insuffisantes, elle se rabat sur les oiseaux : les passereaux les plus consommés sont alors les Roitelets, le Pinson des arbres, mais aussi des proies plus grosses, telles que la Grive draine.

Chant
Le meilleur indice de présence est le chant. Actif de février à mai, le mâle émet un «hou-hou-hou» ocarina. Les strophes, composées de 5 ou 6 "hou" successifs, sont répétées à intervalles de 2-3 secondes. Des pelotes de réjection (2-3 cm de long) au pied d'un arbre recelant une cavité naturelle constituent un bon indice d'occupation de celle-ci.

Voix : son chant consiste en une série d'une douzaine de « hou » clairs et rapides, pouvant être répétés pendant des heures.

Reproduction
C’est un cavernicole nichant dans des cavités le plus souvent creusées par le Pic noir. Les cavités dont le trou d'entrée mesure au moins 7 cm de diamètre, sont de bons sites potentiels. Elle adopte volontiers des nichoirs.

De 2 à 8 œufs en fonction des ressources alimentaires ; en moyenne 5 œufs les "bonnes" années. Comme la ponte, le nombre de jeunes produits dépend de l'abondance des proies au moment de leur élevage et de l'action des prédateurs naturels (martre, écureuil). Lors d'années normales, 50-70% des œufs donnent des jeunes à l'envol ; ce pourcentage tombe à 20% lors d'années médiocres. Une ponte par an, mais, les années de fortes populations de micromammifères, deux pontes sont possibles. Pontes de remplacement fréquentes. La couvaison est assurée pendant 28 jours par la femelle. Les jeunes seront ensuite nourris surtout par le mâle pendant 30-32 jours, mais c’est la femelle qui dépècera les proies.

En Wallonie et en Belgique

Si l'on excepte deux cas isolés de nidification en Thiérache, la Chouette de Tengmalm est limitée à l'Ardenne orientale. Des habitats susceptibles d'être colonisés existent cependant dans d'autres parties du massif (e.a. Saint-Hubert, Croix-Scaille). L'espèce a niché en 1995 sur le plateau de St Hubert. La présence d'une petite population au sud de la botte de Givet, en France, pourrait laisser supposer une présence plus au nord, en Belgique. On estime la population à 100 à 130 femelles reproductrices. L'installation de la Chouette de Tengmalm a été favorisée en Wallonie par le développement des plantations d'épicéas et par l'expansion du Pic noir. Le statut de cette petite population reste cependant assez précaire.

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Reproduction interdite sans autorisation © Luis Casiano

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Reproduction interdite sans autorisation © Roland Clerc


Reproduction interdite sans autorisation © Luis Casiano

 
 

Merci à Jules, Luis et Roland  pour ces magnifiques photos.