L'Ardenne

Définition dans l'Antiquité

Le terme Ardenne proviendrait du mot celtique (Ar Duen), qui signifie « la Noire ». Les premières citations de cette Arduenna silva se retrouvent dans le récit de la Guerre des Gaules (De bello gallico) de Jules César. César y décrit la forêt ardennaise comme ayant une longueur de 500 miles romains (environ 700 km), traversant le pays des Trévires et s'étendant depuis les rives du Rhin jusqu'au pays des Nerviens et des Rêmes (rive gauche de la Meuse). Le géographe grec Strabon cite également la forêt d'Ardenne.

Définition géographique de l'Ardenne

D'un point de vue géographique, l’Ardenne est le territoire forestier accidenté limité au sud par la Lorraine (y compris le Gutland, ou Bon Pays, au Luxembourg et la Gaume en Belgique) et la Champagne, à l'ouest et au nord par le sillon tracé par la Sambre et la Meuse, à l'est par la région volcanique de l'Eifel qui longe les frontières belge et luxembourgeoise en gros entre Aachen (Aix-la-Chapelle) et Wasserbillig. La plus grande partie de l'Ardenne se trouve en Belgique, essentiellement en Région wallonne, où elle s'étend sur la majeure partie des provinces de Luxembourg, Liège, Namur et une petite partie de la province de Hainaut. En France elle couvre le territoire des départements des Ardennes et de la Meuse. Elle couvre aussi la partie septentrionale du Grand-Duché de Luxembourg appelée l'« Oesling ». L'Ardenne culmine à 694 mètres, au signal de Botrange dans les Hautes-Fagnes de la province de Liège. La forêt ardennaise est formée de lambeaux de l'ancienne forêt charbonnière. L'Ardenne ne constitue plus un massif boisé unique et compact. Cependant l'aire forestière est actuellement en expansion.

Définition géologique de l'Ardenne

D'un point de vue géologique, on subdivise l'Ardenne en deux ensembles :

L'Ardenne primaire correspond à toute la partie occidentale du grand massif schisteux ardenno-rhénan surélevé par l'orogenèse hercynienne ayant succédé à l'orogenèse calédonienne plus ancienne. Elle se rattache au massif rhénan par une sorte d'isthme occupé par les terrains primaires de l'Eifel. Elle est limitée au nord et à l'ouest par un recouvrement de terrains crétacés, au nord-est par le « golfe de Cologne » occupé par des terrains quaternaires, au sud-est par les terrains triasiques du « golfe de Luxembourg » et au sud par les terrains jurassiques du « bassin de Paris ».

L'Ardenne secondaire ou jurassique correspond à la partie méridionale du domaine ardennais. Pendant la période jurassique
(de –205 à –135 millions d'années), la partie méridionale de l'ancienne chaîne hercynienne considérablement rabotée par l'érosion, est envahie par une transgression marine qui débute un peu avant, au Rhétien (entre –230 et –205 Ma), et se trouve libérée de la mer par la régression marine qui s'opère au Portlandien (entre –145 et –135 Ma). Le Jurassique se présente ainsi pour l'Ardenne méridionale comme un important cycle sédimentaire.

Le sous-sol de l’Ardenne est composé de pierre schisteuse de couleur foncée, cette caractéristique géologique permet de distinguer l'Ardenne proprement dite des régions voisines (la Gaume au sud, le Condroz au nord).

Un peu d'histoire

Les premières traces d’occupation régulière de l’Ardenne datent seulement du Ve siècle av. J.-C. C’est l’époque de l’expansion des Celtes. L’Ardenne serait d’ailleurs un des rares endroits en Europe où les Celtes ne se seraient pas métissés avec d’autres populations déjà installées. Mais la croissance de la population y fut très lente : en effet, le climat de l’Ardenne est plus froid que celui des régions avoisinantes, les rivières n’y sont pas navigables (à l'exception de la Moselle et de la Meuse), le relief rend les déplacements plus difficiles qu’ailleurs, les terres agricoles produisent peu et, de plus, le territoire est parsemé de landes appelées fagnes où rien ne pousse hormis la sphaigne.

Avant le XVIIIe siècle, la forêt était déjà très exploitée, en raison notamment des modes de construction, de pratiques liées à l'affouage, à l'essartage et au pâturage, ainsi que de la fabrication du charbon de bois utile au fonctionnement des nombreuses forges qui conféraient à l'Ardenne une vocation sidérurgique.

Ce n’est qu’au XIXe siècle, à la faveur du développement industriel de la région mosane, que l’Ardenne sort de son isolement. On y construit alors à grands frais une voie ferrée et des routes, mais les rivières ardennaises restent sauvages et l’industrie lourde ne peut s’établir qu'aux frontières Nord et Sud de l'Ardenne. L’industrie modifie cependant les paysages, puisque c’est au XIXe siècle, pendant l'essor industriel, que l’on introduit les plantations massives d’épicéas, une espèce de conifère originaire des pays nordiques qui s’adapte à merveille aux landes fagnardes, ce sont surtout ces terres peu fertiles qui furent enrésinées. Le but premier de ces plantations massives était de produire du bois pour le boisage des galeries de mines.

Aujourd’hui, l’Ardenne est pour les régions industrielles voisines un réservoir d’espaces verts, et sa première ressource économique est le tourisme.

  

Les plus hauts sommets

le Signal de Botrange 694 m, Province de Liège

Weisser Stein 692 m, Burringen, Cantons de l'est

la Baraque Michel 674 m, Province de Liège

la Baraque de Fraiture 652 m, Province de Luxembourg

la Croix Scaille 504 m, Frontière franco-belge

Des régions en Ardenne

Les Ardennes sont aussi un collectif ; elles comprennent :

la Calestienne

le Condroz

la Fagne, au centre de laquelle on trouve Couvin

la Famenne, au centre de laquelle se situe la petite ville de Marche,

les Hautes Fagnes qui prolongent le massif de l'Eiffel à la frontière belgo-allemande

Les Hautes Fagnes