La belette
Mustela nivalis Linnaeus

Description / Morphologie

Taille (corps) : 16 à 25 cm. Le mâle est un peu plus grand que la femelle
Taille (queue) : 4 à 6,5 cm. Elle est plus longue chez le mâle
Poids : 60 g (femelle) / 110 g (mâle) >>> cela équivaut au poids de 4 souris grises

La belette est le plus petit carnivore d'Europe. Son corps est mince, cylindrique et allongé. Ses pattes sont courtes, de couleur brune, avec 5 doigts à griffes non rétractiles.
En été, le pelage, court, est brun-roux sur le dessus et blanc sur la poitrine et le dessous. Cette ligne de démarcation est irrégulière. En hiver, dans le centre, le sud et l'ouest de l’Europe, la couleur du pelage s’éclaircit un peu et devient « café au lait ». Dans le nord de l'Europe et en haute montagne, la belette adopte généralement un pelage d'hiver blanc.

Sa queue est courte, unicolore rousse. Ses oreilles sont courtes, à peines visibles. À la commissure des lèvres, on note la présence de 2 petites taches brunes sur fond blanc.

Bien que dans les régions situées plus au nord de son aire de répartition la Belette arbore une robe entièrement blanche en hiver, ce phénomène reste exceptionnel en Belgique.

Habitat et répartition en Wallonie :

Les habitats qu’elle fréquente sont extrêmement variés : jardins, haies, champs, prairies, vergers, marais, friches, landes, lisières forestières, etc. Sa présence est tributaire de celle des proies qu’elle affectionne, notamment les petits Campagnols.

Bien que reconnue comme répandue en Région wallonne, on dispose de peu d’informations récentes concernant le niveau des populations de Mustela nivalis.

En outre, elle ne bénéficie d’aucune protection légale ni au niveau régional ni au niveau européen. Elle est toutefois mentionnée à l’annexe 3 de la Convention de Berne réglementant l’exploitation de ces espèces de telle sorte que l’existence de leurs populations soit maintenue hors de danger.

Régime alimentaire

Comme le montre sa petite taille et sa morphologie particulière, la Belette est un prédateur de petits rongeurs (60% à 80% des proies) : Campagnols surtout, mais aussi Souris, Mulots et Rats. Occasionnellement, elle peut se nourrir de Musaraignes, de Taupes, de jeunes lapereaux, de petits reptiles, d’amphibiens, d’oiseaux, d’insectes, de vers de terre...

Le facteur essentiel conditionnant la présence de Belette sur un territoire donné est la présence d'une population de rongeurs abondante. On note d’ailleurs que les effectifs de ce carnivore varient beaucoup mais que ces fluctuations sont étroitement liées, à l'évolution du nombre de rongeurs. Chaque année, elle peut avaler plusieurs centaines de campagnols et représente ainsi un très bon auxiliaire des cultures.

Elle s'introduit sans aucune difficulté dans les galeries les plus étroites (2 à 3 cm) telles que les trous de Campagnols des champs. Les animaux domestiques sont très rarement attaqués. En fait, si la Belette s’approche des basses-cours, c’est surtout pour capturer les rongeurs, eux-mêmes attirés par les graines, et non par la volaille. Sa petite taille limite d'ailleurs la capture de proies telles que des poules ou autres grands volatiles ; elle peut éventuellement capturer des poussins ou des lapereaux.

On constate souvent la constitution de réserves à proximité des gîtes à Belettes.

Mœurs

La Belette est un animal aux mœurs plutôt nocturnes bien que sa période d’activité s’allonge durant la journée pendant la bonne saison. A l’inverse, son activité se réduit fortement durant la période hivernale sans pour autant que l’on puisse parler de léthargie.

Pour toute personne ayant eu la chance de croiser son chemin, sa vivacité et son audace, malgré une prudence permanente lors de ses déplacements, pallient largement les désagréments causés par sa taille réduite.

La période de reproduction débute vers le mois de mars. Les jeunes femelles peuvent être fécondées dés leur première année. La gestation dure de 34 à 37 jours au terme desquels 3 à 8 jeunes verraient le jour blottis dans un nid établi plus souvent dans un abri à la surface du sol que dans un terrier. Leur développement est rapide et leur émancipation survient suite à l’augmentation de l’agressivité de leurs jeux à partir de la 9ème semaine. Ceci permet théoriquement aux femelles de mener à bien deux portées par an.

Tout cela concourt à doter la Belette d’un potentiel reproductif élevé permettant à ses populations de réagir rapidement aux fluctuations cycliques des effectifs de leurs proies de prédilection. Cela suppose également d’éventuels effondrements de leurs populations, voire même une disparition locale, lorsque ces proies viennent à manquer.

Son domaine vital semble fonction du sexe de l’individu considéré, de la saison, du type d’habitat et, à nouveau, de la densité des proies ; des chiffres allant de 1 à 25 individus / ha étant avancés. Le système de reproduction de la Belette est basé sur la polygamie.

Les empreintes

Les pattes de la Belette présentent, comme les autres Mustélidés, 5 doigts terminés par des griffes acérées et non rétractiles ; les pelotes sont bien marquées et le coussinet plantaire est de forme trilobée ou irrégulière. La distinction entre pattes antérieures et pattes postérieures est difficile bien que les secondes soient un peu plus fines et plus pointues.

Les empreintes qu’elle laisse, très semblables à celles de l’Hermine et des autres représentants de sa famille, ne s’en différencient que par leurs dimensions, plus modestes : environ 15 mm de long pour 7 à 10 mm de large.

Le mode de déplacement habituel de la Belette est le bond. Lorsque ces sauts ne sont pas trop rapides, les empreintes sont groupées par deux avec des intervalles entre voies non constants et variant de 150 à 500 mm, pour un écartement de maximum 40 à 50 mm.

Lorsque la vitesse de déplacement augmente, les bonds se font plus longs et les pattes postérieures se marquent en avant des pattes antérieures. Les empreintes sont alors groupées par 3 ou par 4 et l’aspect de la voie se rapproche de celle d’un Lièvre de petite taille.

En hiver, la Belette se déplace généralement sous la neige, c’est pourquoi ses empreintes ne peuvent être observées que sur de courtes distances, bien souvent à la sortie d’un terrier ou d’un gîte. Lorsqu’elle capture une proie, celle-ci laisse généralement une trace visible, voire même du sang, en avant des empreintes de la Belette.

 

Les excréments

Les excréments de la Belette, présentant les mêmes caractéristiques générales que ceux des autres Mustélidés, sont généralement gris foncé à noir ; une teinte plus jaune indiquant une consommation importante d’œufs. Ils sont cylindriques, spiralés, bien souvent recourbés sur eux-mêmes et effilés à l’une de leurs extrémités. En outre, ils dégagent une odeur puissante. L’animal les dépose généralement en des endroits légèrement surélevés.

Ses laissées ne mesurent que de 30 à 40 mm de long pour un diamètre de 2 à 10 mm. Il s’agit à nouveau du seul critère permettant réellement de les distinguer de celles des autres Mustélidés.

Prédateurs naturels

La Belette a de nombreux ennemis naturels dont les plus communs sont le Renard, le Chat sauvage, le Chat domestique, la Fouine… et plus exceptionnellement la buse, la Chouette hulotte, la Chouette effraie, le Hibou grand-duc…

Risques de confusion avec d’autres espèces

La Belette et l’Hermine sont toutes les deux des Mustélidés de petite taille et sont régulièrement confondues.
L’Hermine (Mustela erminea L.) diffère de la Belette par certains critères principaux :
- la taille, en moyenne plus élevée,
- le poids, 2 à 3 fois plus gros,
- la ligne de démarcation régulière entre la coloration de pelage dos-ventre,
- la queue est longue et est terminée par un pinceau de poils noirs.

Quelques photos