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Bohan - 10 Km.
06 avril 2009

La Semois (ou Semoy pour sa partie coulant en France, Simwès en wallon) est une rivière qui prend sa source à Arlon en Belgique, se dirige vers la Gaume puis l'Ardenne, en traversant entre autres Fouches, Sampont, Étalle, Tintigny, Florenville, Chiny, Herbeumont, Cugnon, Auby-sur-Semois, Dohan, Bouillon, Poupehan, Frahan, Rochehaut, Vresse-sur-Semois et Bohan. Elle entre en France à hauteur du village de Les Hautes-Rivières pour se jeter dans la Meuse à Monthermé, 10 km après avoir quitté la Belgique. La partie wallonne de la vallée de la Semois fut réputée au XXe siècle pour la culture du tabac (à rouler ou à pipe).

Nous allons démarrer cette balade au milieu du pont de Bohan après avoir garé notre voiture le long de la Semois en amont de ce pont.

Du milieu du pont nous entrons dans Bohan et nous allons tout droit en laissant l’église sur notre gauche, ça commence très fort, c’est une belle côte qui se dirige déjà vers la sortie du village, au panneau routier Bohan barré nous empruntons un petit chemin empierré sur notre gauche, nous continuons à grimper. Nous sommes maintenant sur les hauteurs de Bohan avec vue sur le village à travers les arbres, il n’y a pas encore de feuilles mais quand ce sera le cas la vue panoramique ne sera plus possible.
Une Grive musicienne perchée sur la plus haute branche d’un sapin semble nous crier « plus vite, plus vite », c’est assez cocasse. Nous sommes au sommet, le chemin redescend un peu et nous retrouvons une grand route, nous allons à droite vers Membre, la Semois est à gauche en contrebas, un papillon « citron » voltige devant nous. Nous arrivons à un banc où nous piqueniquons, nous avons à cet endroit une magnifique vue bien dégagée sur la Semois et sur le village de Membre.

Nous reprenons notre route et descendons vers le village en traversant le ru de Membre, ce ru actionnait jadis les roues de 4 moulins, ses berges autrefois des prés de fauches furent malheureusement enrésinées au cours de la seconde moitié du siècle dernier. Après le pont nous allons à gauche vers Membre et nous passons le pont que nous avions vu un peu plus haut en mangeant nos tartines. Au grand carrefour suivant nous prenons à gauche dans la rue d’En-Haut, nous continuons tout droit au carrefour suivant en restant bien dans cette rue, nous longeons un camping qui n’en finit pas. A la fin de ce camping nous restons à droite, le petit chemin de gauche se termine à un embarcadère, à cet endroit nous trouvons des balises rectangle vert avec une bande blanche au milieu, nous sommes maintenant vraiment au bord de la Semois. Un petit pont enjambe un ru et nous voilà en pleine nature, nous ne changerons plus de direction avant longtemps. Le sol est tapissé de Renoncules ficaires et d’Anémones sauvages, petites fleurs jaunes et blanches qui poussent en cette saison mais qui disparaitront dès que les feuilles sur les arbres ne leur laisseront plus assez de lumière. Encore un petit pont un peu plus loin et nous continuons à suivre la Semois sur ce chemin calme et paisible.
En restant bien sur notre droite, nous abordons une côte, le chemin n’est plus qu’un sentier étroit, un long virage en épingle à cheveux et un panneau nous indique que nous sommes dans le bois Fadret à une altitude de 195 mètres.

Nous ne suivons plus les balises blanches et vertes et nous allons à gauche, nous ne prenons pas le sentier qui monte. La Semois en contrebas forme une large boucle, le chemin est de plus en plus escarpé, déconseillé aux personnes ayant le vertige. Nous arrivons à un premier petit torrent que nous allons devoir traverser prudemment, il n’y a pas trop de problème en cette saison mais en temps de fortes crues, il vaut mieux s’envelopper les pieds dans des sacs en plastique pour ne pas se mouiller. Un peu plus loin, une côte assez sévère nous attend sur ce sentier très étroit et nous avançons prudemment, il n’est pas question de glisser, la Semois est quelques dizaines de mètres plus bas. De part d’autre de ce sentier humide, l’Ail des ours est déjà sorti, il n’est pas encore en fleur mais est déjà très odorant, si vous avez un doute, il suffit de frotter ses grandes feuilles entre les doigts et vous serez tout de suite fixés.
Nous traversons un deuxième petit torrent mais beaucoup plus modeste que le premier et le chemin redescend assez fort vers la réserve naturelle de Bohan-Membre. Un troisième petit torrent et l’eau ruisselle un peu partout, c’est là que nous trouvons ce petit champignon de printemps, la Pezize écarlate, pas bonne à manger mais d’une forme très spéciale. Nous sommes maintenant au niveau de la Semois sur un sentier bien à plat dans une plantation de jeunes arbres, frênes et hêtres.

Nous continuons à longer la Semois et c’est ici que les choses se compliquent, nous traversons un quatrième torrent plus important et nous sommes maintenant au pied d’une côte très sévère, nous sommes à une altitude de 170 mètres et nous devrons arriver à l’altitude 300 mètres sur une distance de 600 mètres, je vous laisse calculer le pourcentage. Nous ne marchons plus, nous grimpons cette côte parsemées de rochers, difficile mais pas impossible à franchir, je perds ma carte dans la côte, elle s’envole et je n’éprouve aucune envie d’aller la rechercher. Nous arrivons enfin au sommet, un chemin plat nous y attend, nous soufflons un moment, nous voilà à 300 mètres d’altitude avec la Semois tout en bas.

Nous allons maintenant marcher un bon bout de temps sur ce chemin descendant doucement vers la vallée, une multitude d’oiseaux chantent autour de nous, l’endroit est très calme, nous savons que notre balade touche à sa fin et un brin de mélancolie nous envahit, nous nous sommes vraiment bien amusés sur ce parcours et nous nous promettons de revenir un de ces jours dans la région. Quelques centaines de mètres plus loin nous arrivons à la route et à la limite de la réserve naturelle, nous allons à gauche mais 100 mètres plus loin, nous prenons un chemin de terre parallèle à la route, quelques centaines de mètres gagnées sur l’asphalte. Ce chemin monte un peu au début pour redescendre ensuite entre deux rangées de sapins, nous revoilà sur la route en face d’un cimetière entouré d’un mur, je me suis toujours demandé pourquoi il y avait des murs autour des cimetières, ceux qui sont dedans ne savent pas s’enfuir et ceux qui sont dehors n’ont pas envie d’y entrer.

Sur cette pointe d’humour nous achevons notre balade en entrant dans Bohan, le pont est juste devant nous.

 

 

 


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