La Calestienne est une région qui se situe en bordure de la Fagne-Famenne et qui se caractérise par un relief marqué et la présence dans le sol de massifs calcaires coralliens mis en place dans les mers chaudes de l'ère primaire au dévonien (c'est à dire il y a +/- 395 millions d'années, à une époque où la mer recouvrait cette région).

 

Elle s'étend sur 130 kilomètres depuis Trélon (France) jusqu'à Louveigné en passant par Chimay, Givet, Han-sur-Lesse, Rochefort, Marche en Famenne, Hotton, Barvaux, Hamoir et Aywaille.

 

La Calestienne, étymologiquement, tirerait son nom du germanique 'kalk stein' qui signifie pierre de chaux ou pierre calcaire. Mais selon certains habitants, 'cales' signifie 'calcaire' et 'tienne' 'colline ronde' en wallon. Les deux parties ont sans doute raison, le calcaire est à l’origine de ce nom.

Elle se caractérise par un relief marqué qui fait opposition à la dépression de la Famenne qu’elle domine souvent d’une centaine de mètres. Outre la richesse de la végétation calcicole, il faut signaler la valeur paysagère particulière des formations calcaires.

Elle présente des paysages beaucoup plus variés que l'Ardenne forestière située au Sud ou la Fagne-Famenne schisteuse, dépression humide et bocagère, située au Nord.
La végétation y est très diversifiée : (bocage : région où prairies et champs sont séparés par des talus où poussent des haies.)

· bois de conifères (pins d'Autriche, épicéas, sapins)

· feuillus (chênes, charmes)

· buissons (fourrés d'épineux, buis, framboises, mûres)

· pelouses calcaires

· cultures et prairies entourées de haies

Mais la Calestienne n’a pas toujours connu ces paysages, avant le Moyen-âge, cette région était recouverte de hêtres adaptés au sol calcaire. A partir du Moyen-âge, la Calestienne sera défrichée par essartage c'est-à-dire que l’on brûle les bois pour que les cendres de ceux-ci enrichissent le sol et rendent la culture possible pendant quelques temps. Lorsque les champs étaient par la suite abandonnés, une pelouse calcaire s’y développait sur ce sol non fertile où on faisait pâturer les bêtes ce qui empêchait la repousse de la forêt. Au cours du 19ième siècle et après 1930, l’élevage de bovins et ovins en pâture va diminuer mais l’Homme fera disparaître les pelouses calcaires au profit de plantation de pins noirs d’Autriche.

Mais revenons un peu au calcaire, ils ont la propriété de se dissoudre lentement sous l’action des eaux chargées de CO2, ce qui provoque l’élargissement des fissures et rend les masses calcaires extrêmement perméables. Dans ces conditions, la plus grande partie des eaux de pluie pénètre dans la roche, le ruissellement est peu important et l’érosion mécanique des affleurements est très réduite. Cette circonstance explique l’existence, en région calcaire, de multiples escarpements, falaises, parois, aiguilles et «clochetons» qui interviennent pour une grande part dans l’attrait des paysages, en particulier le long des vallées du Condroz et de la Calestienne ainsi que de nombreux phénomènes d'érosion karstique spectaculaires en profondeur causés par le passage des eaux souterraines (exemples : Grottes de Neptune à Pétigny, Grottes de Han-sur-Lesse, Grottes de Hotton, Fondri des Chiens à Nismes,...).