Le Chat sauvage ou Chat forestier
Felis silvestris silvestris

Le chat forestier, également appelé chat sauvage, est un félidé comme le chat domestique et le lynx. C’est une espèce sauvage indigène qui a toujours existé en Europe. Contrairement à ce que l'on pense souvent, le chat sauvage n'est pas l'ancêtre du chat domestique. Ce dernier a ses origines au Moyen-Orient et en Afrique de l'Est. Il a probablement été introduit en Europe au moment des croisades et ne se développa vraiment qu'à partir du Moyen-âge.

Identification

Le chat forestier se distingue du chat domestique tigré par sa queue épaisse et annelée (2 à 5 anneaux), toujours terminée par un manchon noir et par la présence, sur le dos, d'une bande noire unique et bien visible qui débute derrière la nuque et s'arrête à la naissance de la queue. Les rayures latérales sont peu marquées contrairement au chat domestique tigré. La couleur de fond de la fourrure peut être grise ou fauve clair.

La différence entre le chat forestier et le chat domestique peut être établie également par le calcul d'un indice crânien qui est le rapport entre la longueur totale du crâne et la capacité crânienne, plus petite chez le chat domestique. Un indice crânien de 2,75 constitue la démarcation idéale entre ces deux espèces. La longueur de l'intestin, plus court chez le chat forestier est également un critère de distinction.

Les dimensions et surtout le poids du chat forestier ont donné lieu à d'innombrables affabulations dans la littérature et la presse. Le poids est soumis à de fortes variations saisonnières (1 100 à 2 500 g pour le mâle ; 250 à 2 150 g pour la femelle). Le poids moyen est de l'ordre de 3.5 kg pour les femelles et 5 kg pour les mâles. Le poids n'est pas un critère d'identification entre le chat sauvage et le chat domestique.

Reproduction

Les deux tiers des naissances se produisent dans la nature de la mi-mars à la fin du mois d'avril. Quelques naissances ont été observées jusqu'à la fin de l'automne. Il pourrait s'agir de portées de remplacement ou de cas tardifs de mises-bas de jeunes femelles. La femelle met au monde à l'abri de l'humidité (souche, terrier, anfractuosité rocheuse...) une portée de 1 à 6 chatons qu'elle élèvera seule, le nombre de jeunes par portée est de 3,1 en moyenne. Les portées sont installées dans des endroits variés (tas de bois, fourrés, souches, etc.). De gîtes ont été trouvés dans des terriers de renards et de blaireaux abandonnés. Nous ne connaissons rien de l'élevage ni de la dispersion des jeunes dans la nature. Au sein de son aire, une femelle utilise 2 à 3 gîtes régulièrement, retournant parfois plusieurs jours de suite dans le même abri.

Alimentation

En Lorraine, à partir d’une étude a été menée sur le chat forestier, l'analyse de 373 fèces récoltées pendant deux ans montre que plus de 90 % du régime se compose de petits rongeurs). Le chat forestier est donc ici un véritable spécialiste de la chasse aux rongeurs. Au sein de cet ordre, l'éventail de prédation est ouvert, incluant les campagnols des champs (33 %), les mulots (28 %), les campagnols terrestres (9 %), les campagnols roussâtres (25 %) ou les loirs (4 %).

Les relations entre l'abondance et la distribution de ces proies, essentiellement fluctuantes, et leur consommation par les chats sont complexes. Il existe par exemple une opposition saisonnière très nette entre la consommation du campagnol des champs d'une part, du mulot et du campagnol roussâtre d'autre part. Quand les densités de proies sont très faibles dans tout l'habitat (de l'ordre de 0 à 30 individus/ha) les chats forestiers se spécialisent en grande partie sur les campagnols des champs et les campagnols terrestres rencontrés dans les milieux ouverts (prairies, cultures).

Son cadre de vie : les vastes massifs forestiers feuillus ou mixtes et leur bordure

Le chat forestier peut habiter les régions de plaine, de collines ou de moyenne montagne mais une continuité forestière importante est nécessaire.

II fréquente des milieux diversifiés de lisière avec une prédilection pour les stades jeunes des forêts, les clairières de régénération forestière ou les coteaux ensoleillés.

Bon grimpeur, il chasse cependant toujours au sol, en forêt ou dans les prairies et les friches situées en lisière des massifs forestiers.

Occupation de l’espace

Les mâles fréquentent également régulièrement certains gîtes diurnes (plus nombreux que chez les femelles) dispersés au sein de leur aire. En dehors des terriers ou des abris sous des souches, utilisés principalement en hiver et au printemps, il ne s'agit pas d'un emplacement précis mais plutôt d'une parcelle forestière privilégiée (jeune plantation) dans laquelle le chat n'occupe pas exactement la même place d'une fois à l'autre. Autour de ces gîtes, un nombre considérable de fèces est retrouvé.

Les grands domaines de mâles adultes se superposent également aux aires de différentes femelles. A plusieurs reprises mâle et femelle ont été trouvés dans des gîtes diurnes très proches les uns des autres, en dehors de la saison de reproduction.

Les études montrent que chez cette espèce, tout autant que pour d'autres espèces, de carnivores déjà étudiées, il existe une certaine adaptabilité du comportement dans l'utilisation de l'espace et dans l'organisation sociale. Celle-ci est en relation avec l'écologie alimentaire et la répartition et l'abondance des proies.