Le brame du cerf
16 septembre 2006

5 heures du matin, un quartier de lune illumine péniblement la Barrière de Champlon, nous avons rendez-vous avec les membres d’un club photos, motif : écouter et voir si possible le brame du cerf. Nous remontons dans nos voitures, impatients d’arriver sur les lieux, une petite route dans la forêt, nous garons nos voitures et en descendons en faisant le moins de bruit possible et aussitôt la nature, que certains s’imagine silencieuse et endormie, nous fait part de ses innombrables bruits, la vie ne s’arrête pas au coucher du soleil, bien au contraire. Soudain, nous l’entendons, il est là, à 150 mètres environ et puis un autre sur notre droite et encore un autre sur notre gauche, la magie opère, nous sommes tous silencieux, nous écoutons religieusement cette nature qui nous émerveille. Un autre rejoint celui qui est juste devant nous et nous imaginons la lutte pour le pouvoir qui a lieu en ce moment à quelques dizaines de mètres de nous.

Le jour se lève, c’est une belle journée de fin d’été qui s’annonce, la brume est sur la tourbière, le soleil rougeoie les quelques cirrus présents dans le ciel, la température est agréable et le spectacle son et lumière inoubliable.

Le brame du cerf

Au début de l’automne, des cris rauques et profonds retentissent dans la forêt. Le brame est le mot qui désigne à la fois le cri du cerf et la période du rut.
Les deux phénomènes sont très liés.
Le brame se déclanche chez le mâle en présence des femelles et à cause d’une poussée de testostérone (hormone sexuelle).

Au moment où il pousse son long cri guttural, le cerf allonge le cou, retrousse lèvres et narines, ses yeux chavirent, c’est l’extase !

Ce cri a plusieurs effets :

  • Il signale la présence du mâle à la femelle
  • Il intimide les rivaux
  • Il hâterait l’ovulation des femelles (non prouvé)

Ecouter le brame : fichier MP3

Mode de vie et reproduction

La femelle et le mâle ne cohabitent qu’à l’occasion du rut. La femelle se charge seule de l’éducation des petits.
La cellule familiale regroupe en principe une femelle, un jeune de moins de deux ans (bichette ou daguet) et un faon (le petit de l’année).

Ce petit groupe peut en rejoindre d’autres et dans ce cas la harde est dirigée par une biche meneuse.

La vie du mâle est très différente. Il n’a aucun sens de la famille. Dès qu’il quitte sa mère vers 18 mois, il intègre une harde de mâles qu’il peut quitter à tout moment.
La hiérarchie est très marquée.
Un vieux cerf domine un cerf moins âgé qui lui-même commande à un plus jeune et ainsi de suite jusqu’au daguet nouvellement intégré.

Les novices font allégeance à leurs aînés en échange de leur expérience.

Au début de l’automne, les grands mâles quittent le groupe pour rejoindre les femelles sur les lieux de brame.
Pendant toute la période de rut, le mâle veille sur son harem de biches et en expulse tout autre prétendant.
C’est la seule période de l’année où le cerf, habituellement placide devient violent. Les duels sont ritualisés. Les deux mâles paradent et s’intimident. Si aucun ne cède, bois contre bois, chaque adversaire tente de déséquilibrer son rival. Ces combats sont très violents. Certains mâles ont des bois cassés, d’autres des plaies béantes et dans le pire des cas, le vaincu meurt.

Une fois l’accouplement terminé, le mâle réalise la « chandelle », une ruade spectaculaire pour se dégager, propulsant la femelle en avant.

Vers la mi-octobre, les mâles reproducteurs quittent les futures mères pour rejoindre leur groupe.

Huit mois, plus tard, entre mai et juin, la biche met au monde un seul petit. Le faon né avec une jolie livrée mouchetée qu’il perd dès l’âge de 3 mois.

Le petit pèse environ 7 kg et les deux premières semaines, il reste couché près de sa mère. Il en profite pour téter et prendre 400 grammes par jour.
Dès l’âge de 6 mois, le faon est sevré.


Faon

Pour le daguet (l’aîné), la nouvelle période de rut signifie la séparation. Le mâle dominant le chasse alors de la cellule familiale.


Daguet

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