La loutre d'Europe
Lutra lutra

Classification

Classe : Mammifères (Les femelles de cette classe peuvent allaiter leur progéniture. Animaux homéothermes, ils sont capable de réguler leur température interne)
Ordre : Carnivores (Se distinguent par une mâchoire et une dentition qui leur permet de chasser et de manger d'autres animaux)
Famille : Mustélidés (c'est l'une des principales familles de carnivores). Cette famille est composée de 5 sous-familles, 28 genres et 65 espèces.
On peut citer la loutre européenne (Lutra lutra), la loutre du Canada (Lutra canadensis), la loutre de mer (Enhydra lutris). Mais il existe 8 genres et une vingtaine d'espèces.

Apparence physique

Le corps est généralement mince et allongé.
Les membres sont courts, et se terminent par 5 doigts à griffes non rétractiles. Les pattes sont généralement palmées.
La loutre passe une très grande partie dans l'eau. Pour nager, les membres sont étendus le long du corps (ce qui lui confère une forme aérodynamique), la propulsion a lieu grâce aux pattes arrières et à la
queue. Cette méthode de nage va lui permettre de remonter très rapidement à la surface pour respirer (à noter qu'elle peut rester en apnée pendant 8 minutes).
Le crâne est robuste, et allongé dans sa partie postérieure.
Les yeux sont petits, les oreilles sont petites et rondes.
Les mâchoires sont courtes mes puissantes (elles forment un étau qui leur permettent grâce à leurs canines de défoncer en un coup de crâne des proies.
Sa formule dentaire est 3/2-3, 1/1, 2-4/2-4, 1/1-2 (1/2 mâchoire supérieure: 3 incisives, 1 canine, 2 à 4 pré-molaires, 1 molaire. 1/2 mâchoire inférieure: 2 à 3 incisives, 1 canine, 2 à 4 pré-molaires et 1 à 2 molaires).
Les carnassières sont peu
développées, conséquence d'un régime très varié. Elles ont une forme qui ressemble de plus en plus à celle des molaires. Cependant, la denture est très spécialisée pour permettre à la loutre de broyer les coquilles des mollusques et des oursins. Les molaires sont larges à plusieurs tubercules.

Comportement

La loutre est l'un des rares animaux à jouer à l'âge adulte. Ceci lui permet un plus grand développement des facultés cérébrales par rapport aux espèces non joueuses. Les loutres sont capable d'éprouver un plaisir d'ordre psychique.
Lorsqu'elle ne recherche pas de nourriture, elle plonge et replonge dans l'eau, se laisse porter par le courant, la tête en bas. Ces périodes de jeux sont souvent accompagnées d'un rire sourd (qui est aussi
un signe de communication hors période de jeu).

Habitat

Les loutres vivent près de l'eau.
Elles creusent des abris sous-terrains, composés d'une pièce principale avec cheminée d'aération. Un tunnel permet la sortie à environ 1m en dessous du niveau de l'eau.
C'est dans cet abri qu'aura lieu la mise à bas.
Il y a de nombreux abris sur un territoire. Ils sont visités et entretenus très régulièrement.
Sur un territoire, on peut trouver plusieurs femelles mais un seul mâle. Plus petites, les femelles peuvent se sauver facilement face à un congénère.

Alimentation

La nourriture préférée des loutres se compose de poissons, de crustacés et d'amphibiens.
Parfois, elles peuvent consommer des oiseaux, des mammifères. Exceptionnellement des reptiles et des mollusques.

La loutre du Canada (Lutra canadensis) est très friande d'insectes aquatiques.

Vie sociale

La loutre est un animal solitaire. Elle marque son territoire par des signaux olfactifs (excréments, urine, sécrétion de glandes cutanées et anales). Ces signaux ont l'avantage d'être persistants et d'être sélectifs de l'espèce.
Sa gamme vocale est variée. Elle va du sifflement aigue et modéré (qui sert d'appel amoureux ou de cri d'alarme si un petit est en danger) au glapissement, voire même aboiement (colère extrême et menace). Les petits peuvent émettre des petits piaillements s'ils ont peur.

Reproduction

L'accouplement a lieu vers la fin de l'été. L'ovulation a lieu au moment de cet accouplement. L'œuf se développe jusqu'à un stade peu avancé (stade blastomère) puis arrête son développement.
Ovulation au moment de l'accouplement et arrêt du développement sont 2 mécanism
es qui permettent à la loutre de mettre bas à une bonne époque, généralement vers la fin de l'hiver ou au début du printemps.
De cette manière, l'adulte ne sera pas gêné en été lors de la formation de réserves pour l'hiver.
A la naissance, les petits ont les yeux fermés. Ils sont totalement dépendants de la mère pendant 4 mois (temps d'allaitement).
La femelle va laver très soigneusement les petits: un poil propre et sec est très important pour la régulation thermique, surtout dans un milieu aquatique. De plus, ce lavage permet à la femelle de consommer les restes embryonnaires. Cet apport de nutriments va lui permettre de ne pas devoir se séparer trop vite des petits pour se nourrir.
La femelle éduque seule les petits. Ils ne quitteront le terrier qu'au bout de 4 mois avec quelques difficultés: ils ont peur de l'eau au début. Il n'est donc pas rare de voir un jeune sur le dos de sa mère.

Interactions avec l'homme

Au début du XXème siècle, la loutre n'était pas encore gênée par les loisirs de masse et la pollutions des eaux mais les primes des pouvoirs publics ont encouragé la chasse à grande échelle de cet animal réputé nuisible, Il n'en subsiste que quelques spécimens dans nos contrées.
L'Aménagement des berges et les collisions avec les voitures sont d'autres causes de sa disparition.
Depuis 1972, c'est devenu une espèce protégée en Belgique. Mais elle reste l'une des espèces les plus menacées en Europe.

Un projet transfrontalier (Luxembourg-Belgique) pour la restauration de l'habitat de la loutre d'Europe

A travers l’ensemble de l’Europe, les effectifs des populations de loutres ont considérablement régressé au cours du dernier siècle. Même si le piégeage est aujourd’hui interdit, le maintien de l’espèce est toujours incertain car de nouvelles menaces sont apparues : destruction de l’habitat, dégradation de la qualité de l’eau, isolement géographique, mortalité accidentelle, dérangements ... Cependant, grâce aux efforts de restauration menés par certains Etats, on assiste à une inversion de la tendance dans plusieurs pays d’Europe, notamment en France et en Allemagne.

Dans le vaste territoire formé par les bassins hydrographiques de l’Our, de la Sûre et de l’Ourthe, des indices de présence sont régulièrement observés, mais les populations ne sont plus représentées que par quelques individus pratiquement isolés. Mis à part l’Ourthe qui coule exclusivement en Belgique, les deux autres bassins ont leur partie amont en Belgique et aval au Grand Duché de Luxembourg. Cette région peut être considérée comme un maillon vital pour le maintien de l’espèce à l’échelle européenne, dont elle constitue un véritable couloir de liaison potentiel pour des contacts entre populations du nord et du sud.
Le projet LIFE LOUTRE vise à restaurer la capacité d’accueil de ces trois grands bassins hydrographiques par une amélioration des conditions de vie de l’espèce, afin de permettre une recolonisation des différents cours d’eau et d’augmenter les possibilités de contact entre individus et populations.

Quelques photos
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