Le mulot à collier
Apodemus flavicollis

Particularités

Se distingue du mulot sylvestre (Apodemus sylivaticus) par la présence d'un collier complet de teinte jaune ocre ou à tout le moins d'une tache pectorale arrondie plus grande. Le pelage du ventre du mulot à collier est blanc pur, au contraire du mulot sylvestre, chez qui il est blanc sale, voire grisâtre. La limite de démarcation entre le pelage du dos et celui du ventre, est donc, chez le mulot à collier, beaucoup plus nette.

  • Taille: 8,5 à 13 cm + 8 à 13,5 cm de queue.
  • Poids: 22 à 45 grammes.
  • Robe: dos de couleur fauve, légèrement mêlé de gris, ventre généralement blanc pur très bien délimité

Signes de présence

· Nid : le mulot à collier ne creuse pas lui-même de terrier, mais construit un nid de mousses, herbes et feuilles sous les souches, les racines ainsi que dans les terriers de taupes, de campagnols ou même de blaireaux. Il peut également occuper des nichoirs à passereaux.

· Crottes : Indiscernables des crottes d'autres rongeurs de même taille (muscardin, mulot sylvestre...)

· Voix : pépiements aigus; émet également des ultrasons.

Reproduction

· Epoque : mises bas d'avril à octobre. Des portées d'hiver ont toutefois été observées dès janvier ou mars.

· Gestation : 23 jours.

· Nombre de jeunes : 3 à 1 0 par portée, de 3 à 5 portées annuelles. Les petits ouvrent les yeux à 13-16 jours, sont allaités 18-22 jours et s'émancipent dès le sevrage.

· Maturité sexuelle : dès l'âge de huit semaines.

· Longévité : 2 à 4 ans en captivité, dans la nature: en moyenne de l'ordre de 3 à 4 mois pour des jeunes âgés d'un mois.

Répartition géographique

Le mulot à collier est surtout représenté au Sud et à l'Est du pays. On le retrouve du plateau des Hautes Fagnes jusqu'en Gaume, en passant par l'Ardenne, la Famenne et le Condroz dinantais. A l'exception de la région des Fourons et du sud du Limbourg, il est absent de tout le reste de la Belgique

Régime alimentaire

Le mulot à collier a un régime alimentaire très varié, composé de glands, faînes, noisettes, noix, baies et drupes diverses, graines de graminées et autres plantes herbacées, bourgeons, champignons,... Il mange aussi régulièrement des insectes (larves de lépidoptères p. ex), des myriapodes, des vers et occasionnellement, il lui arrive même de piller des nids d'oiseaux. Son régime est celui d'un opportuniste et change en fonction des ressources disponibles. Il semble être plus habile que le mulot sylvestre à extraire les graines des faînes mais moins performant pour traiter les graines de graminées. Malgré de très grandes similitudes de régime, les deux mulots révèlent donc des adaptations légèrement différentes.

Habitat

Le mulot à collier est plus sylvicole que le mulot sylvestre. Il est absent des champs. Il habite surtout les vieilles forêts de feuillus (chênaies, hêtraies) mais peut également être présent dans les forêts mixtes ou même dans les forêts pures de conifères. Ses préférences semblent aller pour des peuplements où le couvert herbacé n'est pas très dense mais où la densité de la strate arbustive (entre 1 et 5 m) est importante. On peut également le trouver dans des bosquets de taille réduite ou même dans des haies denses ou des arbres isolés. Le mulot à collier a été observé jusqu'à 2000 mètres d'altitude (limite supérieure des arbres). En hiver, on le rencontre assez fréquemment dans les maisons.

Territoire - comportement

Le mulot à collier est strictement nocturne. Il est très agile, se déplace très souvent par grands bonds et est en partie arboricole: il peut grimper jusqu'à 20 mètres de haut dans les arbres. Il vit plus en surface que le mulot sylvestre. Le diamètre maximal de son domaine vital ne dépasse qu'exceptionnellement une cinquantaine de mètres, ce qui donne une surface d'environ 2000 mètres carrés. Les domaines vitaux des mâles sont généralement plus grands que ceux des femelles. Il y a un certain recouvrement entre les domaines d'individus voisins. Certains animaux sont toutefois susceptibles de réaliser des "excursions" de plusieurs centaines de mètres en dehors de leur domaine vital habituel. Le mulot à collier fait des réserves de nourriture (glands, faînes ...) qu'il stocke dans son terrier à une profondeur ne dépassant généralement pas 50 cm.. Il est peu sociable et souvent agressif vis-à-vis de ses congénères, notamment des individus "nomades" mais dans une mesure moindre que le mulot sylvestre. Le mâle est souvent chassé par la femelle ayant des petits, laquelle peut le faire mourir d'épuisement et de morsures. En hiver, il arrive que plusieurs animaux se regroupent dans un même nid, pratiquant une espèce de thermorégulation "sociale".

Prédateurs

Les prédateurs du mulot à collier sont essentiellement les rapaces nocturnes comme la chouette hulotte, le hibou moyen-duc, la chouette effraie ou encore les chouettes chevêches et de Tengmalm. Les mammifères carnivores tels que la martre, la fouine, le renard ou encore le chat sauvage sont également des prédateurs non négligeables pour cette espèce.

Comme chez ses "cousins" du genre Apodemus, on a observé, chez le mulot à collier, un phénomène d'autotomie caudale. Au niveau des 21-22ème vertèbres, la peau de la queue a un point de moindre résistance. Ainsi, lorsque l'animal est saisi par la queue, la peau de l'extrémité se détache. Les vertèbres mises à nu finissent par se dessécher et par tomber. Cette particularité est d'un grand intérêt pour échapper à certains prédateurs, ceux-ci ne réussissant parfois qu'à arracher ce mince fourreau de peau.

Menaces

Comme c'est le cas chez beaucoup d'autres rongeurs, les populations fluctuent très largement d'une saison à l'autre, passant par un maximum en fin d'été et en automne pour décliner jusqu'au printemps suivant, moment où les premiers jeunes produits vont contribuer à augmenter les effectifs. D'une année à l'autre, les pics d'abondance de la fin de l'été peuvent avoir une importance très variable, dépendant essentiellement du niveau de la production des faines et glands.

Il est peu probable que le mulot à collier soit une espèce menacée, sauf peut-être en rive gauche de la Meuse, aux environs de la Montagne Saint-Pierre où ses populations sont probablement réduites et isolées. L'espèce pourrait néanmoins souffrir de la banalisation des peuplements forestiers, elle qui aime les milieux feuillus diversifiés. L'enrésinement ne semble pas lui être très favorable mais, tout comme son cousin le mulot sylvestre, il est relativement adaptable et peut subsister dans des conditions qui, à première vue, sont loin de son optimum.

Protection et conservation

Tout comme pour le muscardin, une restauration d'un milieu forestier riche et diversifié, assurant à la forêt un rôle non seulement économique mais également écologique, ne peut qu'être favorable à la prospérité du mulot à collier dans nos régions. Dans la mesure où il enterre les faînes, sans jamais manger l'intégralité de ses réserves, le mulot à collier peut être considéré comme un auxiliaire de la régénération forestière.

L'isolat de la Montagne Saint-Pierre et de la basse vallée du Geer mériterait quelqu'attention, tant en vue de sa préservation qu'en vue de son étude.