Le putois
Mustela putorius putorius

Le nom du putois vient du verbe « puer » en ancien français.
En effet, quand il est menacé, le putois peut projeter sur ses ennemis une sécrétion nauséabonde fabriquée par une glande qui se trouve à la base de sa queue.
Il existe une forme domestique du putois : le furet ((Mustela putorius furo).

Portrait du putois

Le putois vit surtout dans les plaines boisées humides et les steppes d’Europe, d’Asie et d’Amérique.
Ce petit carnivore mesure de 35 à 45 cm de long (jusqu’à 60 cm avec la queue). La femelle est plus petite que le mâle.
Le mâle peut peser jusqu’à 1,5 kg Tandis que la femelle ne dépasse guère les 800 grammes.

Le putois est un mammifère carnivore de la famille des Mustélidés à laquelle appartiennent également la loutre, le blaireau, le glouton ou la martre.

C’est un solitaire, discret et furtif. Le jour, il loge dans les arbres creux ou dans des terriers.
Il se met en chasse à la tombée du jour.

Comme tous les membres de la famille, le putois possède une solide mâchoire. Les canines perçantes et les carnassières coupantes rendent sa morsure mortelle.

Le putois possède cinq orteils munis de griffes non-rétractiles qui laissent des empreintes distinctes sur le sol.

S’il est en danger, le putois glousse, siffle, gronde et lance des cris puissants.

L’habitat des putois

Plus lourds et plus trapus que la belette et l'hermine, les putois recherchent des milieux ouverts et apprécient la proximité de l'eau ou les terrains humides.
On les trouve dans les semi-déserts russes jusqu'à la Sibérie orientale, en Europe (excepté en Grande-Bretagne, où ils sont rarissimes car persécutés pendant longtemps), en Afrique du Nord et dans le sud-est asiatique.

C’est un amateur de forêts et de broussailles, jusqu'à 2000 m d'altitude. Il apprécie les granges abritant des souris, au proche voisinage des faubourgs urbains.

La défense du putois

Le putois n’utilise sa sécrétion nauséabonde quand cas de danger. Il peut diriger ses projections de façon très précise jusqu'à une distance de 3 m.
L'odeur est si forte qu'elle peut être portée par le vent jusqu'à près de 1 km de distance. Pour lancer son liquide, il se met dans une position en « U », de façon à présenter à la fois sa tête et sa queue à l'ennemi. Cette tactique semble très efficace car les prédateurs ont tendance à l'éviter !
C'est aussi avec cette substance infecte qu'il marque son territoire.

Le putois : un prédateur ?

Etre prédateur suppose savoir prendre des risques. À la différence d'herbivores peu regardants sur la nature des végétaux ingérés, les carnivores privilégient généralement la qualité et, du fait, passent leur vie dans un état de stress, partagés entre les dangers de la chasse et la menace de la privation.

Il convient donc d'effectuer le bon choix: s'attaquer à des proies faciles à trouver mais qui souvent savent se défendre.

Quel que soit le cas de figure, chasser représente pour le prédateur une immense dépense de calories, devant être fréquemment renouvelées pour rassasier une énergie fugace. Aussi meurtriers que les félins, par exemple, les mustélidés sont maîtres en la matière.

Les putois sont essentiellement des chasseurs solitaires, passant beaucoup de temps à suivre leur proie avant de l'attaquer. Ils chassent rarement en équipe et même lorsque plusieurs jeunes d'une même portée partent se ravitailler ensemble, ils n'emploient pas les stratégies de groupe propres aux chasseurs en meute comme les loups. Les gros gibiers tels le lapin sont donc entrepris «en solo» et au prix d'un grand risque.

Le putois européen (Mustela putorius putorius) consomme un peu tous types de proies, notamment des amphibiens et poissons puisqu'il vit souvent au bord de l'eau et se montre charognard à l'occasion. Cependant, son gibier préféré est le lapin.

Dans les zones où le lapin est absent, le putois le remplace par une proie équivalente, comme le surmulot.

Le putois est capable de creuser jusqu'à un mètre sous la neige pour capturer un crapaud en train d'hiberner. D'instinct, il n'en consommera que la partie postérieure afin d'éviter les glandes à venin de l'amphibien.

Le putois fait surtout appel à son odorat pour chasser. La recherche est active et demande une grosse consommation d’énergie.
En phase de recherche active sur un terrain découvert, sa vitesse de déplacement est de l'ordre de 2,2 km/h (seulement 1,3 km/h pour la femelle). Cette lenteur s'explique par la mise en œuvre, avant tout autre sens, de l'odorat.
À 3 ou 4 mois, les jeunes putois ont en effet déjà mémorisé l'odeur des proies ramenées au terrier par leur mère, et ils se baseront toute leur vie sur cet acquis, l'enrichissant ou le modifiant très rarement.

L'attaque est très rapide: une seule morsure à la base du crâne tue en quelques secondes les petites proies. Avec une proie plus volumineuse, de la taille d'un gros rat ou d'un lapin, la mise à mort est plus longue.
Le putois secoue sa proie jusqu’à la rupture des vertèbres cervicales, puis lèche la blessure en guise d’apéritif.

Les putois stockent leurs proies en constituant, à proximité de leurs abris, de vraies réserves de cadavres. On a noté qu'après la capture d'une première proie, le mâle continue de chasser ajoutant 3 ou 4 autres proies à son tableau de chasse.
Cette tendance à tuer plus qu'il n'en faut pour ses besoins immédiats (30 grammes par jour en moyenne) est sans doute motivée par le besoin de « rentabiliser» ses sorties: l'animal est toujours incertain de la date de son prochain repas et il est obligé de s'alimenter toutes les 3 ou 4 heures d'activité.

La reproduction du putois

Le domaine vital d’un mâle est plus important et dépend de l’abondance des proies. Il peut atteindre 100 hectares.
Mâles et femelles sont tolérants entre eux mais les mâles défendent leur domaine contre les autres prétendants. Il laisse son odeur pour intimider les intrus, sous forme d’urine, d’excréments et des sécrétions de leurs glandes anales.
L’odeur est individuelle et permet à chaque individu de connaître le sexe, l’état sexuel et l’identité de son propriétaire.

A la saison des amours, les mâles circulent en dehors de leurs frontières en quête de femelles consentantes.

La parade et l’accouplement sont longs et brutaux. Saisissant la femelle entre ses pattes et la mordant au cou, le mâle ne la lâche pas pendant le coït qui dure en moyenne une heure.
Il est fréquent que la femelle saigne, blessée au cours de ces ébats fougueux.
Les deux partenaires se séparent aussitôt après.

La femelle met bas une fois par an, en juin-juillet, après une gestation de six semaines. Sa portée compte de trois à sept petits mesurant six à sept centimètres et couverts d'un duvet ras et blanchâtre. Ils tètent au moins un mois mais mangent de la viande apportée par la mère dès l'âge de trois semaines. À trois mois ils atteignent la taille des adultes qui vivent environ cinq ans en liberté.

Intérêt écologique

C’est un des rares prédateurs à s’attaquer au rat musqué, mais aussi au surmulot. Ses proies favorites figurent sur la liste des espèces classées "nuisibles" et cela lui confère donc un rôle positif. On estime à un millier le nombre de petits rongeurs détruits chaque année par ce prédateur.

Ne sont que rarement signalés des dégâts dans des clapiers ou des poulaillers vétustes (planches disjointes, grillage troué, portes disloquées ou fermant mal,...).

Pourtant, le piégeage ainsi que la disparition d'un grand nombre de lapins de garenne à cause de la myxomatose ont contribué à sa raréfaction. La modification des milieux humides ainsi que la pollution de l'eau sont aussi des éléments à ne pas négliger.

Quelques photos
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